Je suis imparfait, zen, libre et heureux. Et vous ?


À l’aube de mes 49 ans, je me suis dit qu’il était peut-être temps de faire un petit bilan.

Pas un bilan comptable.

Je laisse ça aux gens qui aiment vraiment les tableaux Excel.

Plutôt un bilan de vie.

Et la première conclusion qui me vient est assez simple :

ma vie est loin d’être parfaite. Et c’est probablement très bien comme ça.

Un parcours un peu cabossé

J’ai eu une enfance pour le moins mouvementée : divorces, déménagements, abandons, passage en famille d’accueil, pauvreté, mauvaises rencontres, mauvaises décisions …

Bref, un parcours rempli de manques, d’excès et de situations qui ne constituent pas exactement le meilleur manuel pour apprendre à devenir un adulte parfaitement équilibré.

Pendant longtemps, j’ai naturellement attribué une bonne partie de mes difficultés à ces 25 ans de ma vie.

Et mes parents ont évidemment leur part de responsabilité dans ce qui m’est arrivé.

Mais avec les années, j’ai fini par comprendre quelque chose d’assez libérateur :

mon enfance explique une partie de mon fonctionnement, mais elle ne décide pas de ma vie actuelle.

J’ai aussi découvert, assez tardivement, que certaines choses que je prenais pour de simples défauts ou bizarreries avaient probablement une logique.

Ma manière de réfléchir.

Mon besoin de solitude.

Certaines difficultés avec l’organisation ou les contraintes du quotidien.

Mon intensité.

Mes passions parfois envahissantes.

Ma difficulté à fonctionner comme tout le monde semble si naturellement savoir le faire.

Je n’ai pas besoin de mettre une étiquette sur tout cela pour constater une chose : me comprendre un peu mieux m’aide à beaucoup moins me juger.

Et ça, à presque 49 ans, c’est plutôt une bonne nouvelle.

Je suis loin d’avoir réussi ma vie

Si je devais faire la liste de tout ce qui pourrait être amélioré, elle serait assez longue.

Je suis trop gros.

Je suis trop pauvre.

Je suis désorganisé.

Impatient.

Parfois colérique.

Souvent trop fier.

Et probablement encore plein d’autres choses que je préfère ne pas découvrir aujourd’hui.

Mais il y a une différence entre avoir des problèmes et considérer sa vie comme un échec.

Je ne suis pas riche.

Je n’ai pas une carrière prestigieuse.

Je n’ai pas une maison de magazine.

Je ne roule pas dans une voiture qui donne envie aux voisins de faire semblant de ne pas regarder.

Et pourtant, je ne suis pas malheureux.

Parce que j’ai progressivement compris que certaines de ces « réussites » ne m’intéressaient tout simplement pas.

Le prix de mes choix

Je pourrais probablement gagner davantage d’argent.

Je pourrais travailler beaucoup plus.

Reprendre des études.

Chercher une carrière mieux rémunérée.

Consacrer mes journées à un projet commercial.

Faire des choses qui ne m’intéressent pas particulièrement simplement parce qu’elles paient bien.

Mais tout choix a un prix.

Gagner davantage signifie généralement vendre davantage de son temps.

Et mon temps est précisément ce que je veux éviter de vendre.

Après ma compagne et mes enfants, ce que j’aime le plus, c’est probablement apprendre, comprendre et partager.

J’aime écrire.

J’aime programmer.

J’aime apprendre de nouvelles choses.

J’aime explorer mes passions.

Et surtout, j’aime partager tout cela.

Mes connaissances, mes découvertes, mes expériences…

Et même mes erreurs.

C’est notamment ce qui m’a conduit à créer ce blog et mes différents projets.

Pour l’instant, cette activité ne me rapporte pas beaucoup d’argent.

Mais elle m’apporte quelque chose que je considère comme beaucoup plus précieux :

la sensation de vivre dans une direction qui me ressemble.

Mes enfants ont grandi

Et puis cette année marque une petite transition.

La rentrée approche.

Mais mes enfants ne sont plus vraiment des enfants.

Deux sont maintenant à la fac.

Une rentre au lycée.

Et l’un d’eux a déjà terminé ses études.

Je me retrouve donc progressivement avec quatre jeunes adultes qui prennent leur propre chemin.

C’est à la fois un peu étrange et plutôt chouette.

Pendant des années, une grande partie de ma vie a naturellement tourné autour d’eux.

Je ne regrette absolument pas le temps que je leur ai consacré.

Au contraire.

C’est probablement l’un des meilleurs investissements que j’aie jamais faits.

Mais ils grandissent.

Et avec cette rentrée vient peut-être une nouvelle liberté pour moi aussi.

Un peu plus de temps pour écrire.

Un peu plus de temps pour développer mes applications.

Un peu plus de temps pour chercher des élèves pour des cours de japonais.

Un peu plus de temps pour essayer de transformer mes passions en quelque chose qui améliore un peu l’ordinaire.

Et cela sans pour autant transformer ma vie en course au rendement.

Une autre idée de la richesse

Je crois finalement que ma conception de la richesse est assez simple.

Je préfère avoir moins d’argent et davantage de temps.

Moins de possessions.

Moins de contraintes.

Moins de stress.

Et davantage de liberté.

Je n’ai pas envie de consacrer ma vie à gagner de l’argent pour pouvoir ensuite acheter du temps pour profiter de la vie.

Je préfère essayer de conserver directement le temps.

C’est peut-être une drôle de stratégie financière.

Mais elle fonctionne plutôt bien pour mon bonheur.

Je suis zen parce que je limite autant que possible les contraintes que je considère inutiles.

Je suis libre parce que je tiens énormément à mon autonomie.

Et je suis heureux parce que je peux encore consacrer une partie de ma vie à ce que j’aime, avec les personnes que j’aime.

Ce n’est pas parfait.

Mais ça me convient.

La perfection à crédit

Et puis il y a cette fameuse perfection que l’on nous vend en permanence.

Le corps parfait.

La maison parfaite.

La voiture parfaite.

La carrière parfaite.

La jeunesse parfaite.

La vie parfaite.

Souvent avec quelques petites mensualités pour nous rappeler que la perfection n’est jamais vraiment gratuite.

Avec presque cinquante ans de recul, j’ai surtout l’impression que cette perfection est parfois une drôle de forme de dette.

On sacrifie du temps pour gagner de l’argent.

On gagne de l’argent pour acheter des choses.

On achète des choses pour avoir l’impression de réussir.

Et on finit parfois par sacrifier sa liberté pour entretenir tout cela.

Très peu pour moi.

Je préfère conserver mes trésors.

Ma famille.

Mon temps.

Ma liberté.

Ma tranquillité.

Et cette capacité à apprécier une vie qui n’a absolument rien d’exceptionnel aux yeux du monde, mais qui me convient plutôt bien.

Presque 49 ans et toujours en construction

À l’aube de mes 49 ans, je ne cherche donc plus vraiment à devenir parfait.

Je cherche plutôt à mieux comprendre qui je suis et comment je fonctionne.

À accepter certaines choses.

À améliorer celles qui peuvent l’être.

À apprendre.

À expérimenter.

À simplifier.

À avancer tranquillement.

Bref, à pratiquer mon petit kaizen personnel.

Je ne sais pas exactement ce que donneront les prochaines années.

Peut-être que mes projets fonctionneront.

Peut-être qu’ils ne fonctionneront pas.

Peut-être que ce blog deviendra une activité.

Peut-être qu’il restera simplement ma petite cabane au d’fin fond de l’Internet.

Et finalement, ce n’est pas très grave.

J’ai encore des choses à découvrir, des choses à apprendre et des choses à partager.

Et je compte bien continuer.

Je suis imparfait.

Mais je suis aussi zen, libre et heureux.

Et, à presque 49 ans, je crois que c’est déjà une assez jolie réussite.

Alors, si vous aussi vous êtes un peu trop imparfait pour rentrer dans les cases prévues par la société, bienvenue au club.

On y est probablement beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit.

Et surtout, n’oubliez pas :

la perfection peut attendre.

La vie, elle, est déjà là.

Bref je reconnais que je suis imparfait, zen, libre et heureux. Et vous ?

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https://pixabay.com/fr/photos/fleur-coquelicots-solitaire-765921/


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